Pour réduire les kilomètres à vide, il faut d’abord accepter de les regarder. Le chauffeur qui dépose un client à Monaco et rentre seul à Nice, celui qui part de chez lui à 5 h pour une prise en charge à l’autre bout du département, le van qui attend à l’aéroport puis revient sans personne : ces trajets ne figurent sur aucune facture, mais ils figurent sur la note de carburant.
Ce guide propose une démarche en trois temps : définir ce que l’on compte, mesurer semaine après semaine, puis agir sur le planning et sur la façon de vendre. Les montants sont des hypothèses, à remplacer par vos propres coûts.
Réduire les kilomètres à vide : d’abord savoir ce qu’on compte
Un kilomètre à vide est un kilomètre parcouru sans passager et sans recette directe. Dans une journée de chauffeur, il en existe trois sortes, qui n’appellent pas les mêmes remèdes :
- l’approche : du domicile ou du dépôt jusqu’à la première prise en charge ;
- les liaisons : de la dépose d’une course à la prise en charge de la suivante ;
- le retour : de la dernière dépose jusqu’au domicile ou au dépôt.
Les liaisons dépendent surtout du planning, l’approche et le retour dépendent de l’endroit où dorment les véhicules et de la façon dont vous vendez les courses longues en aller simple. Mélanger les trois dans un seul chiffre empêche de savoir sur quoi agir.

Mesurer les kilomètres à vide VTC sans se mentir
Sans outil, la méthode la plus simple consiste à relever le compteur du véhicule chaque soir et à le comparer aux distances facturées de la journée. L’écart donne le total des kilomètres sans passager, approche et retour compris. C’est fastidieux, mais une semaine de relevés suffit souvent à ouvrir les yeux.
Dans Vetilys, le tableau de bord affiche les kilomètres facturés et une estimation des kilomètres à vide, et le rapport kilométrique fait de même sur la période de votre choix, avec la formule de calcul visible. L’estimation porte sur les liaisons : la distance entre la dépose d’une mission et la prise en charge suivante du même chauffeur. Elle ne compte ni l’approche du matin ni le retour du soir, que seul votre relevé de compteur capte. Si les adresses ne sont pas géolocalisées, l’indicateur s’affiche comme indisponible plutôt que de donner un chiffre faux.

Ce que coûte un retour à vide : la rentabilité du trajet retour
Prenons un forfait berline aéroport de Nice vers Monaco à 110 € HT, la valeur du tarif de démonstration. Hypothèse : 30 km à l’aller, 30 km pour revenir à vide, et un coût de revient de 0,70 € par kilomètre pour le véhicule.
| Scénario | Km parcourus | Coût véhicule HT | Recette par km parcouru |
|---|---|---|---|
| Retour à vide | 60 km | 42,00 € | 1,83 € |
| Retour chargé par une course de 30 km en 35 minutes, soit 87,25 € HT au tarif général de démonstration | 60 km | 42,00 € | 3,29 € |
Le coût du véhicule est le même dans les deux cas ; ce qui change, c’est ce que rapporte chaque kilomètre. Et le calcul ne compte pas encore le temps du chauffeur pendant la demi-heure de retour, qui pèse au moins autant. Sur une semaine, trois ou quatre retours de ce type font une différence que l’on retrouve directement dans la marge. Le guide de la rentabilité d’une entreprise de transport montre comment intégrer ces trajets au coût de revient complet.
Enchaîner les courses : le levier du planning
Les liaisons se réduisent au moment où l’on construit la journée. La règle de base tient en une phrase : la prochaine prise en charge d’un chauffeur doit, autant que possible, se trouver près de sa dernière dépose. Elle suppose de regarder la journée entière avant d’affecter, pas course après course au fil des appels.
Concrètement, lors de la revue de la veille, repérez chaque course qui laisse un chauffeur loin de sa zone, et cherchez une prise en charge proche dans l’heure qui suit. Échangez deux courses entre chauffeurs si cela raccourcit les deux journées. Faites dormir le van du lendemain matin chez le chauffeur dont la première course est la plus proche. Ces arbitrages sont manuels : Vetilys contrôle les conflits d’horaires et la capacité des véhicules, mais il ne calcule pas les distances de repositionnement et ne réorganise pas les tournées à votre place. La méthode détaillée figure dans le guide pour optimiser le planning des chauffeurs.

Vendre le retour : forfaits aller-retour, zones et confrères
Une partie des kilomètres à vide se traite à la vente, avant même que la course existe.
Proposer l’aller-retour plutôt que l’aller simple
Le client qui part à Monaco pour un rendez-vous de deux heures repartira probablement dans la journée. Proposez-lui une réservation aller-retour, éventuellement avec une remise, ou une mise à disposition à la demi-journée si l’attente est courte. Vous transformez un retour à vide en course payée, et le client gagne en simplicité.
Intégrer le retour dans le prix des courses lointaines
Quand l’aller simple vers une ville éloignée est la seule option, le retour doit être intégré au prix : par un forfait par trajet qui en tient compte, ou par un devis calculé sur l’aller et le retour. Ce n’est pas un supplément caché, c’est le coût réel de la prestation.
Définir une zone et travailler avec des confrères
Fixez une zone dans laquelle vos prix standards s’appliquent, et au-delà, chiffrez au cas par cas. Pour les courses qui vous emmènent loin, un confrère installé sur place peut vous confier une course retour, et réciproquement ; notre guide pour sous-traiter des courses à un partenaire détaille les précautions, des documents vérifiés au prix d’achat.
Ce que le logiciel mesure, et ce qu’il ne fait pas
Un logiciel ne réduit pas les kilomètres à vide à votre place ; il rend leur suivi régulier. Dans Vetilys, les rapports de rentabilité et le tableau de bord donnent les kilomètres facturés, l’estimation des liaisons à vide et la marge, sur la période de votre choix, avec un export CSV. Le planning par chauffeur rend visibles les journées décousues, et le dispatch VTC sur carte montre où se trouvent les chauffeurs en mission au moment de réaffecter une course urgente.
En revanche, il n’existe pas de proposition automatique de retours chargés ni de calcul de tournée multi-véhicules : ces décisions restent celles du régulateur. Fixez-vous un rythme, par exemple une lecture chaque lundi de l’indicateur de la semaine écoulée, et notez les décisions prises. D’autres méthodes d’exploitation sont rassemblées dans notre guide de l’entreprise de transport de personnes.
Questions fréquentes sur les kilomètres à vide
Comment calculer les kilomètres à vide d'un VTC ?
Relevez le compteur du véhicule en début et en fin de journée, puis retranchez les distances facturées. L’écart correspond aux kilomètres sans passager. Pour distinguer approche, liaisons et retour, notez aussi l’adresse de départ du matin et de fin de journée. Un logiciel peut estimer les liaisons entre deux missions à partir des adresses.
Comment rentabiliser le trajet retour après une longue course ?
Proposez un aller-retour ou une mise à disposition au client, intégrez le retour dans le prix des courses lointaines, ou cherchez une prise en charge proche de la dépose, éventuellement confiée par un confrère installé sur place. À défaut, calculez le coût du retour pour savoir si la course vaut la peine d’être acceptée.
Un logiciel peut-il enchaîner les courses automatiquement ?
Vetilys ne le fait pas : il contrôle les conflits horaires, le battement et la capacité, mais le choix des enchaînements revient au régulateur. L’estimation des kilomètres à vide sur le tableau de bord permet en revanche de mesurer, semaine après semaine, l’effet de vos décisions de planning.
Mesurez vos kilomètres à vide sur vos vraies journées
En démonstration, nous reprenons une semaine type et vous montrons le tableau de bord, les kilomètres facturés et l'estimation des liaisons à vide.
